Certains comportements naturels sont indésirables car ils dérangent les humains qui vivent avec le chien. Ces comportements sont difficiles à éteindre car ils sont normaux, font partie de l’éthogramme du chien et ils ont une fonction de communication.

C’est le cas des aboiements. Leur fréquence ou leur intensité peut les rendre indésirables.

Pour réduire ces comportements indésirables, le propriétaire doit identifier la motivation du chien en analysant la situation. L’objectif ensuite est de trouver comment modifier ce comportement, en proposant au chien une possibilité d’agir différemment grâce à une nouvelle motivation. Cela suppose bien-sûr d’accepter de changer sa propre communication envers son chien.

 

Comprendre ce qui se passe

Le chien qui aboie communique avec ses semblables en leur répondant, ou avec ses propriétaires en les informant d’une nouveauté, en leur demandant de l’attention, ou encore avec des étrangers qui s’approchent de lui.

Il attire l’attention et obtient une réponse qui le conforte dans sa motivation à aboyer.

 

Evaluer normal/pathologique et souhaitable/indésirable

Un comportement est dit normal lorsqu’il est « conforme à une norme » mais aussi « prévisible », « logique ». Chaque propriétaire possède ses propres critères de normalité basés sur ses propres représentations, sur des expériences qu’il a eues avec des chiens, ou celles transmises par des personnes de l’entourage.

Un comportement sera qualifié de pathologique lorsqu’il n’est pas adapté au contexte, et que son intensité et sa durée sont excessives par rapport au résultat souhaité, avec perte de régulation.

Beaucoup de propriétaires souhaitent que leur chien aboie pour les prévenir de l’arrivée d’un intrus (« C’est son rôle ! ») mais ils estiment par exemple indésirables les aboiements lors de l’arrivée d’un familier. L’émotion du chien est positive mais ses aboiements déclenchent une réaction négative chez son maître, et l’excitation du chien augmente avec amplification des aboiements.

Le niveau de tolérance peut varier selon le propriétaire (ou le voisinage), et le temps passé par le chien à aboyer peut être plus ou moins important.

 

Ce qui ne marche pas

Que se passe-t-il en général quand un chien aboie dans le jardin et que le propriétaire voudrait qu’il se taise ?

Il suffit de poser la question « Que faites-vous dans ce cas ? », et 9 fois sur 10 la réponse est : « Je lui crie de se taire car il dérange les voisins et il m’énerve. Mais il n’arrête pas, il continue d’aboyer ! ».

Dans tous les cas, le chien et l’humain sont dans le même registre de communication. Beaucoup de mouvements et de vociférations sont associés à de l’excitation réciproque.

Crier sur un chien qui aboie entraine une escalade avec baisse du contrôle de part et d’autre. Au lieu de diminuer, le comportement indésirable augmente en fréquence, en durée et en intensité. Il y a eu un renforcement involontaire de la part du propriétaire qui, en répondant à la demande d’attention du chien, l’incite à recommencer.

Les colliers anti-aboiements projetant un jet d’air ou un jet de citronnelle dès que le chien aboie peuvent être efficaces. Ils ne sont pas dangereux pour le chien mais doivent être retirés lorsque le propriétaire est présent.

Les colliers anti-aboiements électriques sont fortement déconseillés. Non seulement ils empêchent un comportement normal, mais en plus ils entrainent très souvent de l’anxiété avec de l’agressivité, en réaction à la douleur ressentie au niveau du cou.

 

Ce qui fonctionne

Tout travail d’éducation ou de thérapie associe le renforcement et la récompense.

En règle générale, le propriétaire dit à son chien ce qu’il ne veut pas qu’il fasse… mais il ne lui dit pas quoi faire à la place.

Le comportement de garde étant inné chez le chien, il est impossible d’empêcher les aboiements, il vaut mieux essayer de les limiter ou de les contrôler.

Par ailleurs certains maîtres effectuent des renforcements inconscients, en augmentant leur niveau de vigilance à l’arrivée de personnes étrangères, ce qui est très bien perçu par le chien. Cette augmentation du niveau de vigilance est selon les cas liée à des représentations négatives des maîtres vis-à-vis de l’arrivée de personnes étrangères ou une anticipation négative liée aux aboiements du chien et à leurs conséquences (plaintes des voisins, réveil du petit dernier…).

 

Quand le chien aboie à la porte d’entrée (au portail), se déplacer jusqu’à lui, sans parler et sans le regarder. L’absence de communication de la part du propriétaire est indispensable, le moindre mot serait un encouragement pour le chien à continuer d’aboyer.

Rester face à la porte quelques secondes, pour signifier au chien l’intérêt porté pour ce qui se passe dehors. Puis se tourner lentement et repartir vers la maison toujours sans parler au chien. Le propriétaire a ainsi prouvé à son chien qu’il assurait lui-même la protection et qu’il n’y avait pas de problème.

Ensuite appeler le chien gentiment en lui demandant de venir, et le caresser en le félicitant aussi de la voix.

Le contexte qui était par le passé déclencheur d’énervement mutuel devient une source possible et souhaitable d’échanges positifs.

 

Autre possibilité : recourir à un stimulus disruptif en début d’exécution d’une séquence prohibée, pour bloquer le chien dans son élan et le rediriger vers son maître.

Un stimulus disruptif est un stimulus sans relation fonctionnelle avec la séquence comportementale en cours : il l’interrompt et provoque un comportement d’attente.

Attirer l’attention du chien avec un bruit suffisamment important (klaxon) ou qu’il apprécie (jouet pouic-pouic). Encourager le chien à venir jusqu’à soi pour lui donner une récompense qu’il apprécie particulièrement (friandise, jouet). Lui demander de s’asseoir avant de le récompenser permet de préciser que l’objectif est atteint.

 

En général 3 mois sont nécessaires, à condition d’être cohérent et rigoureux : si c’est non, c’est non tout le temps !

 

Pathologies associées

Certains chiens ont des difficultés pour contrôler leurs émotions et leurs actes.

Les chiens souffrant d’un syndrome hypersensibilité-hyperactivité aboient beaucoup, et la plupart de leurs comportements sont en excès : ils détruisent, ils sont brutaux…

Certains chiens ne supportent pas la solitude et hurlent de détresse en absence de leur propriétaire.

Une consultation pour troubles du comportement permettra de poser un diagnostic. Le mal-être de ces chiens mérite d’être pris en charge, pour leur permettre de s’apaiser… et de moins aboyer.